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RES PUBLICA N°105 : CINQUANTENAIRE DE LA COTE D'IVOIRE / UN NOUVEAU DEPART POUR LE PEUPLE IVOIRIEN   Puplié le 09-août-2010


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Complot contre la Côte d’Ivoire
LA FRANCE S’EST DISQUALIFIEE

"Le désarmement est et reste la condition sine qua non pour la réunification du territoire et la tenue d’élections générales libres"

  (17-octobre-2006) (Source: macotedivoire.info )

ADRESSE DES INTELLECTUELS DE COTE-D'IVOIRE

. A la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest;
. Au Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union Africaine;
. Au Conseil de Sécurité de l'Organisation des Nations Unies;
. Aux Etats membres de l'Organisation des Nations Unies...

1. L'Afrique subsaharienne, qui a arraché de haute lutte son indépendance, a vu dans sa majeure partie, la liberté de ses peuples confisquée par les puissances coloniales au moyen de dictatures militaires ou civiles. Ces dictatures ont confirmé que l'ordre ancien ne devrait pas être changé afin que le continent continue de demeurer à l'état d'appendice politique, diplomatique et économique des anciennes métropoles coloniales.

2. Et lorsque après des décennies de dictatures installées par le biais des partis uniques ou du recyclage de coups d'Etat militaires, les peuples africains ont arraché le multipartisme et imposé la transition pacifique à la démocratie (mars-mai 1990), il s'est trouvé à l'époque une voix, celle de Jacques Chirac, actuel Président de la République française, pour soutenir que la démocratie était un luxe pour l'Afrique. Propos insultants pour les peuples africains, mais cohérents avec la logique qui présidait aux rapports entre la France et ses anciennes colonies. En effet, le pouvoir démocratique ne peut s'accommoder de la soumission aveugle des gouvernés aux intérêts des puissances étrangères. Les conflits suscités et entretenus ça et là, et dont les règlements, ouvrent alors la voie au retour officiel de l'ingérence néo- coloniale à visage découvert pour la sauvegarde des intérêts de la Françafrique et des multinationales françaises; l'impunité réservée aux rebelles armés lors du règlement de ces conflits devient la récompense des seigneurs de guerre (amnistie, participation des rebelles aux gouvernements, etc…).

3. La crise ivoirienne illustre à merveille aujourd'hui, le déni démocratique, décrété, pour l'Afrique, par la France néo coloniale, secondée par des chefs d'Etat africains, traîtres à leur continent. On peut donc le certifier aujourd'hui, le fameux discours de la Baule n'était qu'un acte d'hypocrisie qui ne change rien à -l'esprit colonialiste de la France, quelle que soit la sensibilité politique du gouvernement en place.

4. Elu en Octobre 2000, le Président Laurent Gbagbo est l'objet le 19 septembre 2002 d'une tentative avortée de coup d'Etat, transformée par les manœuvres de la France en rébellion armée. Le coup de force est unanimement condamné par la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), l'Union Africaine, l'Organisation des Nations Unies. La CEDEAO organise le 29 septembre 2002 à Accra, une rencontre au sommet dont l'acte final stipule en son point 22 :« Dans le cas où les mutins refuseraient de déposer les armes et de s'engager dans un règlement pacifique, la CEDEAO se verrait dans l'obligation d'utiliser tous les moyens nécessaires y compris l'usage de la force pour rétablir la paix, la sécurité et la légalité constitutionnelle en Côte-d'Ivoire ». C'est dans ce contexte que, sous l'égide de la CEDEAO, s'engagèrent des pourparlers à Lomé entre les rebelles et le gouvernement de Côte-d'ivoire. Mais un règlement local du conflit contrarierait les desseins cachés d'une France impériale, principale commanditaire de coup d'Etat, décidée à jouer les premiers rôles pour défendre ses intérêts en Côte-d'Ivoire.

5. Après de nombreuses actions souterraines destinées à faire échouer les négociations, la France dessaisit la CEDEAO du dossier de la crise ivoirienne et réunit, à Linas-Marcoussis, dans la banlieue parisienne, les rebelles et des leaders des partis de l'opposition; si le FPI fut associé à la rencontre (pour y être noyé), la France se garda bien d'y inviter des représentants du gouvernement légal. Les accords qui en sortent, entérinés à Kléber par des Chefs d' Etat Africains, le Secrétaire général de l'ONU et le Président français Jacques Chirac, sont imposés au Président Gbagbo.

6. Par quelle alchimie diplomatique, politique et juridique inédite, ces accords totalement contraires aux principes élémentaires de la démocratie, et attentatoires à la dignité de l'Afrique, ont pu être acceptés et défendus par les responsables africains de la CEDEAO et de l'Union Africaine? Comme le Cheval de Troie, les accords de Marcoussis contiennent des arrangements destinés à faciliter l'accès des rebelles au pouvoir. Il s'agissait bel et bien, de la part de la France, d'un coup d'Etat institutionnel camouflé. Construits, au départ, autour d'une contradiction fondamentale (réaliser un coup d'Etat institutionnel et respecter le fonctionnement des institutions républicaines), les accords de Marcoussis se révèlent à l'application, pour le peuple ivoirien, à la fois comme une véritable couleuvre à avaler et un traquenard.

7. Conformément aux accords, fut votée la loi d'amnistie et: formé en mars 2003 le gouvernement de réconciliation nationale avec des ministres i~us de la rébellion. Mais l'opération de désarmement qui devrait suivre immédiatement fut continuellement rejetée par les rebelles qui la soumettent à d'interminables conditions, de sorte que les accords d'Accra III de juillet 2004 fixèrent le 15 octobre 2004 comme :date butoir de la fin de l'opération. Lorsqu'au delà de cette date, le gouvernement légal de Côte d'Ivoire prit, au nom de son droit souverain, la responsabilité de réunifier le territoire national, la France, face. à l'imminence de la défaite des rebelles se dévoila brusquement comme partie prenante au conflit. Elle détruit au sol tous les aéronefs de l'armée ivoirienne puis étale, au grand jour, sa. stratégie néocoloniale de reprise en mains des affaires ivoiriennes. Comme à l'époque coloniale, elle fédère, à l'intérieur, en une coalition anti-nationale, les opposants au régime légalement établi. A l'extérieur, elle mène le combat contre le régime légal au sein du Conseil de sécurité, et s'évertue à instrumentaliser les organisations régionales africaines (CEDEAO, Union Africaine). Ainsi engagée aux côtés de la rébellion ivoirienne, la France s'est disqualifiée. Elle ne peut plus, par conséquent, jouer un rôle dans le règlement du conflit.

8. A la suite des événements de novembre 2004 et avec l'entrée en scène du médiateur de l'Union Africaine, Thabo Mbeki, furent conclus, malgré les manœuvres de sabotage de la France, les accords de Pretoria qui devraient permettre la sortie de crise. Mais alors que tout ce qui a été mis à la charge du Président élu a été, selon le rapport du médiateur, entièrement exécuté, les rebelles ont persisté dans leur refus de désarmer et brandi au contraire de nouvelles revendications sans que la communauté internationale, ne lève le petit doigt. Elle laisse plutôt la France et ses complices manœuvrer dans le sens de l'affaiblissement du pouvoir légal et du démantèlement de l'Etat de Côte d'Ivoire. A procédé de ces intentions la décision du Groupe de Travail international ( GTI) de considérer que le mandat de l'Assemblée nationale ne peut être prorogé au-delà du 31 octobre 2005. Procède aujourd'hui des mêmes intentions, le projet conjoint de l'opposition civilo-militaire ivoirienne et du GTI, sous influence française, tendant à la suspension de la constitution ivoirienne, adoptée par le peuple souverain, à plus de g6% et au transfert de toutes les prérogatives constitutionnelles du Président de la République au Premier Ministre. Cela conduirait, par l'usure, à la réalisation des objectifs du coup d'Etat qui n' a pu être obtenu par les armes.


Au regard de ce qui précède, nous, intellectuels de Côte d’Ivoire,

9. Proclamons, au nom du principe inaliénable des peuples à disposer d'eux-mêmes, notre attachement viscéral à l’indépendance de notre pays et notre ferme résolution à préserver sa souveraineté;

10. Invitons toutes les organisations régionales et sous-régionales africaines et la Communauté internationale, à dissuader avec fermeté toutes tentatives d'accès au pouvoir par les armes;

11. Demandons à la France de retirer ses forces d'occupation et de se tenir en retrait du processus de paix car elle ne peut être, à la fois juge et partie;

12. Demandons avec insistance, au Groupe de Travail International de se limiter à sa mission de suivi du processus de paix telle que définie par la résolution 1633 du Conseil de Sécurité; et par conséquent de renoncer à son projet de suspension de la Constitution de Côte-d'Ivoire, de dépouillement du Président élu de l'essentiel de ses pouvoirs constitutionnels, et à tout autre arrangement contraire aux lois ivoiriennes;

13. Demandons à la CEDEAO, au Conseil de Sécurité et de Paix de l'Union Africaine et au Conseil de Sécurité de l'ONU de n'inscrire leur action que dans le sens du respect de la loi fondamentale de l'Etat de Côte d'Ivoire et de sa souveraineté, conformément à la Charte des Nations Unies qui commande le strict respect de la souveraineté des Etats membres;

14. Demandons à l'Organisation des Nations Unies en Côte-d'Ivoire (ONUCI), de procéder au désarmement des rebelles par tous les moyens, y compris l'usage de la force, conformément aux dispositions du point 22 des accords d'Accra 1. Le désarmement est et reste la condition sine qua non pour la réunification du territoire et la tenue d'élections générales libres.

15. Réaffirmons, à la face du monde, notre détermination à faire respecter la Constitution et les institutions républicaines de Côte d'Ivoire.

Fait à Abidjan, le 2 Octobre 2006



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